Zoom sur Astérya : association engagée, solidaire et citoyenne

Parce que L’Archipel c’est aussi un espace de coworking qui accueille de jeunes entrepreneurs sociaux, nous avons décidé de mettre en lumière un coworker chaque semaine au travers d’une interview ! C’est Blandine Sillard, fondatrice de l’association Astérya et organisatrice de la soirée sur les Aléas Solidaires du 24 mars prochain, qui ouvre le bal…

 

 

  • Salut Blandine ! Peux-tu nous présenter le projet Astérya ?Astérya

 

Salut L’Archipel ! Astérya est une association dont l’objectif est d’accompagner des personnes dans leur parcours

d’engagement pour une société plus solidaire et plus citoyenne. Nous proposons un accompagnement humain et mettons en relation des « envies d’agir » citoyennes et solidaires avec des acteurs, des lieux, des initiatives où elles peuvent trouver un écho. Nous accompagnons particulièrement des personnes en situation d’isolement ou d’exclusion parce que nous pensons que l’engagement citoyen peut être un levier d’insertion sociale, peut créer du lien, voire des opportunités, et permet de se construire ou même de re-construire (après un accident par exemple). En parallèle, nous souhaitons renforcer la diversité dans les lieux d’engagement citoyen (associations, conseils de quartier, coopératives…) et les aider à mieux accueillir et intégrer ces « envies d’agir » solidaires et citoyennes.

 

 

 

 

  • D’où vient Astérya ? Qu’est-ce qui t’a poussée à te lancer dans la création d’une entreprise de l’Economie Sociale et Solidaire ?

 

Astérya

 

 

A l’origine d’Astérya, il y a une petite poignée de personnes passionnées par les questions d’engagement, de citoyenneté, de solidarité… avec des expériences diverses. Nous avions envie de créer un écosystème où les personnes qui ont envie de s’engager peuvent trouver des réponses, partager, monter en « capacité ». Nous avions envie de montrer qu’on peut être aidé et aider en retour. Et nous avions envie de remettre au cœur la dimension humaine et affinitaire de l’engagement citoyen qui est souvent négligée par les plateformes numériques qui relient envies d’agir et besoins d’engagement. Ce qui nous a poussés, c’est cette volonté de faire bouger les lignes, de réveiller le citoyen en chacun de nous. L’ESS (Economie Sociale et Solidaire) est un secteur qui est venu très naturellement étant donnés nos champs d’action et nos valeurs.

 

 

 

 

 

 

  • Quels sont les objectifs d’Astérya ? Comment envisages-tu l’avenir ?

 

Notre but est que les bénéficiaires de l’aide sociale soient également acteurs de la solidarité et puissent mettre leurs divers talents au profit de causes sociales, solidaires, écologiques… Pour nous, c’est une manière d’exercer activement sa citoyenneté, complémentaire, et peut-être plus épanouissante que le vote. Notre but est aussi d’ouvrir les lieux d’engagement citoyen et de les aider à animer une « communauté » pour que les messages qu’ils portent aient davantage d’impact et que les gens s’y sentent bien pour que leur engagement perdure. Quand on voit l’intérêt que suscite l’économie sociale et solidaire, le développement d’initiatives citoyennes locales… je pense qu’à l’avenir, nous nous préoccuperons beaucoup plus du sens de nos actes et de leur impact pour la société : est-ce qu’ils créent du bien-être ? est-ce qu’ils créent des liens ? Je suis optimiste mais c’est important que chacun puisse trouver sa place.

 

  • Et au fait, Astérya, ça veut dire quoi ?

 

Nous voulions un nom qui symbolise ce que nous avons vocation à faire et qui soit poétique. Astérya est la personnification de la nuit étoilée dans la mythologie grecque et évoque la constellation : un ensemble de points isolés que l’homme relie entre eux de manière à donner du sens et à se repérer sur la Terre. C’est exactement ce à quoi nous voulons aboutir et nous espérons bien traverser le temps, les frontières et les cultures à la manière des constellations. Les asters, ce sont aussi des fleurs de toutes les couleurs qui fleurissent à l’automne, quand on ne les attend pas vraiment !

 

  • Pourquoi avoir choisi de développer Astérya dans un espace de coworking comme L’Archipel ?

 

Ayant participé à la création d’un dispositif d’accompagnement d’initiatives sociales et solidaires à Lyon, je savais l’importance pour un projet d’être accompagné. Personnellement, j’avais besoin de me retrouver avec des personnes dans une démarche similaire à la mienne et partageant mes valeurs car ce n’est pas toujours facile de se lancer dans un projet comme celui-ci. Nos proches, nos amis ne comprennent pas toujours. Au-delà d’un poste de travail, L’Archipel permet de bénéficier d’un environnement stimulant, convivial. Le lien avec Aurore, un acteur historique de l’action sociale à Paris, a été décisif dans mon choix. Je suis aussi très contente d’être à proximité de tous les événements qui sont organisés dans la nef. Ils nous permettent de respirer de temps en temps !

 

  • Parles-nous un peu de ton événement sur les aléas solidaires du 24 mars prochain…

 

C’est un événement que nous avons pensé, avec Léa et Charlotte, deux membres d’Astérya, pour aborder, sur un mode festif, la question de l’échec dans l’engagement citoyen, mais de l’échec constructif : le « happy fail » comme disent nos amis anglophones. Il y a un côté « bonne action » dans l’engagement citoyen et solidaire qui nous fait parfois oublier que ce n’est pas toujours facile : il faut trouver la cause qui nous correspond, les personnes avec lesquelles on s’entend bien, on peut manquer de temps, il faut accepter parfois l’absence de résultats… Bref, plein de choses qui font que ce n’est évident de rester « engagé » quelle que soit la forme que cet engagement prend (les Aléas Solidaires concernent aussi bien les bénévoles associatifs, les militants, les entrepreneurs sociaux, les citoyens isolés, les aidants…) Nous voulions leur offrir une opportunité de partager leurs expériences avec des méthodes participatives auxquelles nous tenons beaucoup. Pour nous, c’est aussi une manière de mieux connaître le monde de l’engagement, de comprendre les freins et les difficultés qui peuvent exister. L’événement se terminera par du théâtre d’impro grâce à la compagnie des Drôles de Cailles. Cette touche culturelle est très importante pour nous aussi ! Les inscriptions sont ouvertes depuis hier sur le site Fullmobs.org, une toute nouvelle plateforme qui permet aux citoyens de se mobiliser. Si cet événement marche, nous aimerions bien le reproduire et tester de nouveaux formats.

 

  • Un conseil pour se lancer dans l’entrepreneuriat social ?

 

Ne pas avoir peur ! Ce n’est pas facile dans la société actuelle de se lancer dans ce type de projet. Il y a une pression forte pour aller vers des secteurs où « il y a du travail », on nous demande souvent comment on va gagner notre vie, ou pourquoi on s’investit autant… Ce qui compte, c’est la motivation, la conviction que ce qu’on fait a du sens. Il faut garder ça en tête pour ne pas se laisser décourager. Il faut bien savoir préserver l’intention d’origine aussi, être au clair avec ses valeurs. En avançant, on prend vite le risque de dénaturer le projet.

 

  • En une phrase, la communauté de L’archipel c’est quoi ?

 

Un groupe de personnes ouvertes, bienveillantes et qui ont envie de faire bouger les lignes !

 


 

Pour en savoir plus sur Astérya, rendez-vous sur sa page Facebook ou sur son site internet.

Plus d’informations sur la soirée du 24 mars sur les Aléas Solidaires par ici !

 

 

 

 

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