A la découverte d’ELATIO, dispositif d’accompagnement à la réinsertion des personnes sortant de prison

Fraîchement arrivée dans la communauté des coworkers de L’Archipel, la très engagée Céline Hountomey nous présente ELATIO, projet innovant et porteur de sens.

Céline Hountomey

  • Salut Céline. Tu peux nous présenter ton projet ?

 

Bonjour l’Archipel ! ELATIO est un projet de création d’un dispositif innovant d’accompagnement à la réinsertion des personnes sortant de prison autour de plusieurs axes : le logement, la santé, l’emploi, la citoyenneté, la famille, avec l’utilisation du numérique comme levier d’action.  ELATIO en latin veut dire « Elévation ».

C’est encore un projet en gestation, nous sommes plusieurs en France à réfléchir à ce projet, aûmoniers, médecins de prison, anciens détenus, conseillers d’insertion et de probation, élus locaux, citoyens engagés, etc… Nous nous sommes réunis autour de la nécessité d’innover et d’inventer de nouvelles manières de faire pour répondre à l’enjeu que représente l’amélioration des conditions de réinsertion dans notre pays et la lutte contre la récidive. Nous souhaitons que le projet  s’inscrive dans le champ de l’Economie Sociale et Solidaire, avec des objectifs précis et une mesure de l’impact constante. Notre vision est assez large, et le projet pourra comprendre différentes activités et types de structures (association, entreprise, société d’insertion par l’économique).

  • Quel est ton parcours ?

 

J’ai un double parcours professionnel: 10 ans dans le secteur bancaire dans le financement des grandes entreprises, et 10 ans dans le secteur ONGs/Solidarité, sur des postes variés comme Responsable du fundraising dans une ONG de Développement, Responsable de la Communication, et dernièrement comme Déléguée Générale d’une ONG ayant pour objectif le développement de la citoyenneté active, auprès des enfants et des jeunes avec des ateliers pour apprendre à mieux vivre ensemble dans les écoles, et des projets de dialogue interculturel pour les adultes. En parallèle, j’ai toujours été très engagée dans la vie associative et la vie locale. J’ai cofondé en 2008 l’ONG Internet Sans Frontières, et je suis conseillère municipale à Issy-les-Moulineaux depuis 8 ans, impliquée dans l’action sociale, l’éducation et la vie associative.

 

  • Quels sont les objectifs de ton projet ? Comment envisages-tu l’avenir ?

 

L’objectif général du projet est d’offrir aux personnes désireuses de s’impliquer activement dans un processus de réinsertion sociale, la possibilité de s’investir dans toutes les sphères de leur vie, en utilisant leurs forces et talents vers leur rétablissement et l’accomplissement de leurs rêves.

Concrètement, il s’agit de mettre en place une plateforme d’accompagnement à la réinsertion des personnes sortant de prison, avec une approche centrée sur la personne.  Un dispositif tremplin, maillon manquant entre la prison et les acteurs nombreux déjà engagés sur la question de la réinsertion, et qui se concentrera essentiellement sur le temps de la sortie, pour prévenir la récidive. Un réseau d’accompagnateurs, « référents extérieurs de qualité » qui suivent et accompagnent les sortants de prison dès la sortie de prison jusqu’à la réinsertion effective.

Nous nous inspirons de ce qui marche dans d’autres pays, comme le Canada, où nous sommes allés en février rencontrer différents organismes communautaires gérant ce qui s’appellent les maisons de transition. C’était très inspirant.

Nous sommes au début du chemin, un projet pilote va être mené en région Rhône-Alpes, avec pour vocation de servir de modèle réplicable ensuite partout en France.

 

  • Qu’est-ce qui t’a poussée à te lancer dans l’ESS ?

 

J’ai toujours eu besoin de trouver du sens dans ce que je faisais, et à titre personnel, je trouve du sens lorsque je contribue à améliorer les conditions de vie des plus démunis. L’ESS est la parfaite synthèse de mon parcours, en me permettant de mettre à profit mes compétences acquises dans le secteur entreprise et le secteur de la solidarité au service d’un projet à vocation économique et sociale. Cela me passionne de voir le champ des possibles dans ce secteur en plein essor, dans lequel beaucoup de personnes de tous horizons se retrouvent aujourd’hui pour imaginer la société de demain, basée sur des valeurs et un optimisme sans faille.

 

  • Pourquoi avoir intégré l’équipe des coworkers de L’Archipel ?

 

Il était important pour moi d’être dans un environnement porteur et collectif, et lorsque j’ai découvert l’espace de coworking de L’Archipel, j’ai tout de suite senti que j’y trouverai l’énergie créative et positive nécessaire pour démarrer. Je ne me suis pas trompée ! C’est un espace en pleine création, auquel nous pouvons apporter notre contribution, et nous partageons tous des objectifs communs liés à l’insertion, la solidarité. C’est très stimulant et permet d’avancer  en s’entraidant, et imaginer des collaborations ensemble.

 

  • Quelles sont tes prochaines actus ?

 

La finalisation du Business Plan Social, la création de la première structure juridique du projet, le développement de la plateforme internet, la recherche de partenaires. Je me suis  également lancée dans l’apprentissage du code web avec la formation en ligne de Simplon, essentiel aujourd’hui pour entreprendre avec une composante numérique !

 

  • Un conseil pour se lancer dans l'entrepreneuriat social ?

 

Croire en ses rêves, se faire confiance, et oser ! Et bien-sûr, s’entourer, et ne pas hésiter à frapper aux nombreuses portes qui existent pour se faire aider, conseiller. On trouve alors une communauté très active de gens désireux d’aider et de soutenir les acteurs du changement.

 

  • En une phrase, la communauté de L'Archipel c'est quoi ?

 

C’est une communauté solidaire et bienveillante, de citoyens engagés, créatifs et joyeux, qui regardent l’avenir avec le sourire et l’envie de faire, au service de tous !

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